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Publié par Société Française d'Ethnoscénologie (SOFETH)

Jean Gillibert,

 

psychiatre, psychanalyste, écrivain, metteur en scène, dramaturge, traducteur de Shakespeare, essayiste

 

est mort le 31 octobre 2014 à Bourg-la-Reine. 

 

Homme de théâtre, il a appartenu à diverses troupes d’avant-garde, au groupe de Théâtre Antique de la Sorbonne, a travaillé avec Marcel Herrand, Albert Camus, Jean-Louis Barrault, et au Théâtre de Châteauvallon. Il avait participé au colloque international Théâtre et Sciences de la vie – Performance Arts and Life Sciences, 4-5-6 juin 1984, Maison des Cultures du Monde, Laboratoire de sociologie de la connaissance et de l’imaginaire de l’Université Paris VII. 

 

Jean Gillibert a été Président de la Société psychanalytique de Paris de 1978 à 1980. Il fut membre titulaire formateur jusqu'en 2005.

 

 

Essais sur le théâtre :

 

- Les Illusiades, Clancier-Guénaud, Paris, 1983.

- Phédre ou l’inconscient poétique, Imprimerie quotidienne, l’Autre Théâtre, Paris, 1981 réédité par l’Harmattan en 2002.

- L'Acteur en création, Toulouse: Presse universitaires du Mirail, 1993.

- L'Esprit du théâtre, Phébus, Paris, 2001.

- Le théâtre et la psychanalyse, Encyclopédie de la psychanalyse, Bordas-Dunod, 1993.

- « L’acteur, médian sexuel », dans Nouvelle revue de psychanalyse – Bisexualité et différence des sexes, Gallimard, n° 7, 1973, pp. 71-80.

 - Folie et création, Champ Vallon, Coll. L'or d'Atalante, 1990.

 

 

« Ni l’acteur, ni l’homme n’ont de doubles, mais ils ont des puissances – fondamentales-. Quand l’esprit sémite invente les anges, il invente des puissances et l’acteur n’est pas un ange, mais c’est un médiateur, un médian sexuel, c’est une puissance d’incarnation. Le positivisme a tout faussé, tout trahi, tout réifié au nom des principes contre les puissances des phénomènes…aussi bien chez A. Comte, que chez Maurras, que chez Freud et la paranoïa de raison dans le phénoménologie husserlienne ; la phénoménologie transcendantale qui retentit encore chez Sartre et Merleau-Ponty est d’avoir éteint le phénomène sous sa phénoménologie, sous cette essence « d’alter ego » qui ne rend plus compte de la ressemblance. Mais savons-nous si le passé n’est que du présent-passé et l’avenir de l’avenir-présent ou si l’image du passé est tout autre chose que le passé ? » Jean Gillibert : L’acteur en création, Toulouse: Presses Universitaires du Mirail, coll. Chemins cliniques, 1993, pp. 71-72.

 

« L’acteur, en Orient, dont l’Occident spéculatif a voulu nous faire croire que sa pratique n’était que mimétique, d’observation et de distance – ce qu’a cru Brecht de l’acteur chinois – sert un art, qui, au contraire, communique avec l’animal, le naturel transcendantal, le divin. Il faut beaucoup de compétence – que je n’ai pas – pour parler de la pratique de l’acteur oriental, car, si elle s’inscrit dans l’écriture sacrée des légendes, elle peut garder cette force, cette violence, cette suprême aristocratie savante d’un art de jouer, mais, si elle s’ »occidentalise » comme on le croit de nos jours, avec les films indiens par exemple, le jeu de l’acteur prend tous les défauts du jeu de l’acteur occidental (emphase et surcompensation). Autant une confrontation et des compensations sont souhaitables entre Occident et Orient (qu’on se rappelle l’art gréco-bouddhique), autant les exotismes des metteurs en scène contemporains sont ou absurdes ou formalistes, car ils ne tiennent en aucun compte du rapport de l’homme au divin. Il faudrait être un Victor Segalen pour se refuser tout spectaculaire et mettre notre quête occidentale dans le vérité du dérangement exotique. Être « dérangé »…, mais qui le veut, en Occident, de nos jours ? » p. 73.

Décès de Jean Gillibert
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