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Publié par Société Française d'Ethnoscénologie (SOFETH)

Strip-tyque. Pièce érotique en 3 actes sur partition tango de Denys Treffet

Création d'une pièce... érotique qui renoue avec la grande tradition de la littérature érotique très écrite Elle s'appelle "Strip-tyque" et sera créée au Théâtre Essaïon du 9 mars au 21 avril les lundis et mardis à 21H30 mise en scène Anne de Broca (assistée de Muriel Piquart) avec Anne de Broca et Erwan Daouphars dans une ambiance tango avec une musique de Pablo Nemirovsky au bandonéon et une dramaturgie d’Yves Collet.

 

Strip-Tyque (une genèse)

 

Le théâtre érotique est une grande tradition de la littérature érotique.

Il remonte aux Grecs et à la comédie antique (en particulier Aristophane avec notamment Lysistrata) mais on peut trouver dans Le Banquet de Xénophon (la scène IX) qui le clôt et qui présente un jeune homme et une jeune femme (Dionysos et Ariane) qui se caressent de façon de plus en plus réaliste et font fuir tous les convives pressés de rentrer chez eux auprès de leurs femmes (?) « pour en jouir », en démentant par leurs sens tous leurs discours philosophiques conformes à celui de Socrate qui refuse tout contact corporel et reste seul ou presque, plutôt que de rejoindre sa compagne Xantippe certes de trente ans plus jeune mais célèbre pour sa laideur et son caractère acariâtre.

De toute façon, formes théâtrales strictes ou romans emplis de dialogues, l’érotisme admis ou poursuivi a toujours irrigué des œuvres qui la plupart du temps s’accordaient avec une pensée réfractaire, irrévérencieuse, libre et joyeuse. 

Ce sont farces du Moyen-âge comme Le débat du con et du cu, puis les œuvres de la Pléiade, puis du XVIIème (le premier roman érotique que j’ai découvert à l’adolescence fut Le moyen de parvenir en belle édition reliée qui se trouvait dans la bibliothèque familiale) jusqu’au XVIIème siècle, les textes depuis les libertins jusqu’aux « débauchés »,  à ceux qui hélas ne sont plus joués de nos jours. Ils nous réjouissent par leur audace, leur verdeur et leur bonne santé.

On sait qu’au XIXème, Maupassant et son à la feuille de rose, maison turque ou Henri Monnier pour le Théâtre de la rue de la santé, ou l’œuvre « inavouable » de Pierre Louÿs  (mais sa pièce Connette et Chloris écrite en alexandrins n’a pas été jouée) ont pour le plaisir de tous et toutes troussé des dialogues savoureux, voire obscènes.

On trouve de nos jours de beaux romans érotiques (comme ceux de José Pierre ou d’André Hardellet) dont certains sont parfois portés sur scène (par exemple l’adaptation du château de Cène  de Bernard Noël), mais le théâtre actuel verse généralement dans la pornographie sans esprit dont seules les didascalies intéressent les spectateurs, ponctuées de temps à autre par des mots obscènes (sans métaphores inédites) disséminés dans une succession de halètements et de cris de jouissance feinte. Le théâtre graveleux en revanche a envahi les boulevards avec ses sous-entendus souvent appuyés, ses cocottes, ses adultères.

Bref, à notre connaissance, le genre a disparu (mais il est possible que je me trompe). J’ai voulu le réhabiliter, ce qui est une justification après-coup –si on me passe l’expression- car cette pièce m’est venue comme ça, qui part de ce qui paraît l’aliénation la plus évidente d’une femme objet des saillies des mâles jusqu’à son apothéose comme supérieure à eux. L’homme, pour sa part, au contraire du macho coutumier s’émerveille devant les jouissances féminines qu’il envie au fond mais qu’il atteint avec elle en empathie. 

Avec Strip-tyque (Une genèse)  c’est en effet l’amour physique le plus cru auquel je me consacre (et que je consacre) : une femme décrit par le menu ce qu’une quinzaine d’hommes vont faire à son corps mais c’est elle qui au bout du compte les domine en gloire et se révèle comme prêtresse de Dionysos ; un homme après un hymne qu’il voue au clitoris avoue sa dépendance à l’état de son sexe. Les deux qui étaient rivés à leurs corps morcelés en bouts de jouissance pour eux-mêmes ou pour d’autres, d’objets partiels qu’ils étaient, elle pour les mâles en rut, lui du fait des caprices de sa pine, vont se retrouver dans une rencontre égalitaire, de sujet à sujet, dans une globalité triomphante de volupté partagée. Ils partent tous deux avec des corps réduits à quelques cm2, corps aliénés par les hommes qui transforment la femme en objet ou par la verge dont l’homme dépend. Mais c’est pleinement qu’ils vont se rencontrer.

La pièce (habillée) est défendue par deux acteurs et un joueur de bandonéon : l’atmosphère sera au cabaret tango Le 1er acte a été créé par Anne de Broca à l’occasion de l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage au Théâtre de la Tempête, il y a quelques années.

Cette pièce a été conçue comme un hymne aux femmes : Strip-tyque qui commence par les apparences de l’esclavage se révèle une initiation à la liberté, ou plutôt aux libertés. J’ai essayé d’être fidèle à la définition du scabreux par Breton : « ce qui côtoie tout au long le précipice, l’évitant de justesse pour en entretenir le vertige »

Denys Treffet

Elle sera créée à L’Essaïon tous les lundis et mardis à 21H30 du 09 mars au 21 avril 2015 pour 14 représentations.

Mise en scène Anne de Broca (assistée de Muriel Piquart) avec elle-même et Erwan Daouphars, musique de Pablo Nemirovsky au Bandonéon, scénographie et lumière Yves Collet

Théâtre Essaïon 6, rue Pierre-au-Lard 75004 Paris (angle 24, rue du Renard)

Pour tout contact avec l’auteur :  denys.treffet@gmail.com

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