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Publié par Société Française d'Ethnoscénologie (SOFETH)

Quand le 6 avril 2017, la nouvelle du décès d'Armand Gatti s'est propagée dans les réseaux sociaux, nous avons pu constater à quel point nous étions nombreux parmi les gens de théâtre et de culture à nous sentir tristes, certains même orphelins.
Lui rendre hommage s'imposait, mais plus encore donner un nouvel écho, un nouveau support à sa parole complexe et agissante.
C'est l'idée de publication proposée par Matthieu Aubert, compagnon de route de Gatti, cofondateur de l'association Idéokilogramme, initiateur d'un projet d'expérience théâtrale à La Parole errante, puis à Montpellier : La Moitié du ciel et Nous, qui s'est avérée la plus juste à nos yeux. Le texte, sans cesse remanié, dénonce le sort réservé aux femmes militantes, notamment durant l'émergence de la Bande à Baader et l'incarcération de ses membres. La pièce est jouée à Berlin-Ouest pour la première fois en 1975. Comme un clin d'œil posthume de Gatti, le manuscrit original, disparu durant plusieurs décennies, s'est manifesté dans les archives de la bibliothèque universitaire de Paris 8 (une traduction française de la version allemande ayant déjà été publiée dans les Œuvres théâtrales d'Armand Gatti, aux éditions Verdier).
En hommage à Armand Gatti, La Moitié du ciel et Nous verra donc le jour dans sa version originale le 30 novembre prochain en librairie.
L'équipe des éditions Deuxième époque.
La Moitié du ciel et Nous
 
 La Moitié du ciel et Nous fait suite à la rencontre à Berlin d'Armand Gatti et d'Ulrike Meinhof, journaliste et fondatrice de la Fraction Armée Rouge (plus connue en France sous le nom de « Bande à Baader »).
 
Au Forum Theater de Berlin, Armand Gatti et un groupe de comédiens décident de fabriquer un objet théâtral solidaire. La création débute en 1974, au moment du troisième mouvement de grève de la faim des membres de la Fraction Armée Rouge, dont le noyau dur a été arrêté en 1972. Alors qu'Ulrike Meinhof et plusieurs de ses camarades sont incarcérés, Gatti écrit cette pièce avec elles, par l'intermédiaire de leurs avocats. En décembre 1974, un mois avant la première de la pièce, Jean-Paul Sartre rencontre Andreas Baader à la prison de Stammheim et dénonce publiquement leurs conditions de détention en isolement sensoriel. Gatti et le groupe du Forum Theater décident alors de réécrire complètement le texte qui dénonce, dans sa nouvelle version, le sort réservé aux femmes militantes.
 
Il s'agit donc d'un livre hommage : hommage aux femmes qui « portent la moitié du ciel » si l'on en croit le proverbe chinois, y compris celles qui prirent part à la tourmente révolutionnaire et envers lesquelles l'opinion publique, la presse et la justice de l'époque ont été impitoyables ; hommage à ce texte original longtemps disparu et retrouvé à la bibliothèque universitaire de Paris 8 ; hommage encore au regretté Armand Gatti, poète, journaliste et homme de théâtre dont la trace lumineuse accompagnera longtemps plusieurs générations d'acteurs et de spectateurs.
 
  • Le manuscrit original inédit de cette pièce a été retrouvé en 2016.
  • Une tournée de ce spectacle, mis en scène par Matthieu Aubert, est prévue           pour l'année 2017.
  • Un texte écrit en collaboration avec Ulrike Meinhof et ses camarades,                     incarcérées, par le biais de leurs avocats.
 
Collection « Écritures de spectacle »
Domaine « Théâtre »
96 pages.
10,50 € jusqu'au 29 novembre (puis 15 €).
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