Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Publié par Société Française d'Ethnoscénologie (SOFETH)

CN D APPEL À COMMUNICATIONS

 

Colloque international : Danse(s) et rituel(s)



Centre national de la danse,

Pantin – France 8 > 11.04.2021

 

  • Peut-on appréhender la danse comme un rituel ?

  • Comment crée-t-on des actes ritualisés dans les pratiques dansées ?

  • Quelles sont leurs qualités, leurs singularités ?

  • Quels effets produisent-ils ?

  • En quoi la référence au rite peut-elle éclairer, modifier ou déplacer les pratiques de danses ?

Ce colloque international propose d’explorer les différentes manières dont le rituel interroge les processus de création, de transmission, de mise en scène et d’exécution des danses, qu’elles soient désignées comme danses contemporaines, danses urbaines, danses de rue, danses de société, danses de bal, danses cérémonielles ou autrement encore. Au-delà des similitudes ou des différences identifiables entre actions rituelles et actes dansés, et en tenant compte des conditions sociales, historiques et culturelles qui président à leur réalisation, se pose la question de ce que « sont » et ce que « font » concrètement les rituels identifiés et créés par les chorégraphes, les pédagogues, les danseurs et les danseuses, professionnels comme amateurs. Où, quand, qui la danse transforme-t-elle ? Comment devient-elle une « puissance d’agir » ?

Au cœur de nombreux débats anthropologiques, théologiques et philosophiques, les notions de rituel et rite renvoient encore aujourd’hui implicitement à un ensemble d’actes prescrits et répétés, reconnus et admis par une communauté de personnes. Appréhendé tantôt à travers ses dimensions symboliques, ses fonctions, tantôt à partir de son cadre d’action ou ses modalités interactionnelles, le rituel et son identification restent problématiques. L’objectif du colloque n’est pas de débattre de ces enjeux théoriques ni de traiter des contextes rituels dans lesquels la danse apparaît : il s’agit plutôt de chercher à saisir comment et pourquoi certaines façons de fabriquer et de montrer la danse sont associées, par ceux et celles qui les pratiquent et/ou qui les regardent, à des rites.

Le colloque souhaite aborder des points de dialogue et de friction entre des perspectives hétérogènes issues tant du monde artistique que scientifique, en restant centré sur les pratiques dansées. À l’heure où nos relations au monde sont profondément interrogées, où nos gestes tendent à se réinventer, cet événement sera également l’occasion de se (re)lier autour d’une thématique qui appelle à penser et se mouvoir ensemble. Il invite les participants et participantes à intervenir à travers des modalités diverses, alternant des formats de différentes durées et potentiellement performatifs.

 

Plusieurs axes pourront être interrogés

 

AXE 1 — Dispositifs, gestes, artefacts

 

Cet axe invite à mettre en lumière les gestes et protocoles instaurés dans les pratiques chorégraphiques qui sont reconnus, ressentis ou nommés comme rites ou rituels. Comment tel chorégraphe ou artiste, telle communauté de danseurs les mettent-ils en œuvre dans la danse ? Il s’agira d’examiner pourquoi certains aspects de la pratique en danse – par exemple la préparation ou la mise en scène de soi, les codes du déroulement du spectacle ou l’invitation à danser – sont considérés comme des « rites » par rapport à d’autres qui ne le seraient pas, ou qui le seraient moins. En outre, dans quelle mesure les interactions entre les participants, avec les spectateurs et entre ces derniers – que ce soit dans des espaces publics, privés, dans le studio de danse, les clubs, la rue, sur scène – sont-ils partie prenante d’une ritualisation ?

En portant une grande attention aux qualités gestuelles, aux dimensions spatiales (espaces de circulation, structures, lieux investis), énergétiques, temporelles (durée, alternance, usage de la répétition) ainsi qu’à la manipulation d’artefacts (costumes, masques, objets), il s’agira de saisir, au plus près de la pratique, les caractéristiques de cette ritualisation, ses conditions d’émergence comme ses effets.

 

AXE 2 — Sources, inventions, catégorisations

 

Cet axe questionne les ressources à partir desquelles ne cessent de s’élaborer des rituels en danse. Il s’agira d’appréhender les différents matériaux esthétiques, historiques ou filmiques à partir desquels les imaginaires de rituels se construisent et se propagent dans le champ chorégraphique. Les propositions pourraient par exemple interroger la manière dont les images, qu'elles proviennent de la peinture, de la photographie, du cinéma (fictionnel ou documentaire), des clips vidéo ou d’univers virtuels (jeux vidéo, YouTube), constituent des sources prolifiques pour la création de rituels en danse. Inversement, comment les créations audiovisuelles deviennent-elles des lieux d’invention du rituel ? Comment les choix de cadrage ou de montage de la danse participent-ils d’une démarche de ritualisation des gestes, du lieu et de la temporalité ?

Au cœur des processus créatifs chorégraphiques, ces inventions de rituels ne sont néanmoins pas idéologiquement neutres et cristallisent des enjeux aussi bien esthétiques que politiques et institutionnels. Dans quelle mesure la référence au rite peut-elle devenir un outil de reconnaissance, de légitimation ou une prise de position politique pour les chorégraphes, pédagogues, danseurs et danseuses ? Ou au contraire, quand et pourquoi refusent-ils de s’y référer ? Par quels mécanismes les inventions de rituels permettent- elles d’explorer, de manipuler ou de détourner les notions d’ancestralité, d’héritage ou d’authenticité ? Il s’agira de proposer une réflexion critique sur la notion de « rite » ou sur l’usage de rites spécifiques dans le champ de la danse afin de mettre à jour les enjeux d’identification, de catégorisation, voire de labellisation du rituel en danse. Quels pièges à penser, pièges à danser peuvent engendrer les références au rite ?

 

AXE 3 — Convoquer l’invisible, évoquer l’indicible

 

Les pratiques dansées constituent de puissants moyens pour modifier la perception et les temporalités, pour convoquer d’autres mondes et faire surgir des figures (entités imaginaires, monstres, démons, sorcières, divinités, fantômes, sylphides). Comment la danse crée-t-elle des relations inédites avec ces dimensions ? Comment traite-t-elle de la question du secret, du non-énoncé, du dissimulé ou du simulé ? Il s’agira de réfléchir à des exemples précis qui explicitent en quoi concrètement l’évocation ou matérialisation de l’invisible et de l’indicible dans la pratique dansée acquiert une qualité « rituelle ». Quelles intensités corporelles, affectives, cognitives affectent les sujets ? Comment la danse mobilise-t-elle des techniques ou des gestes qui les transforment profondément ? Il sera par exemple intéressant d’analyser comment les stimulations multi-sensorielles, le dépassement des limites physiques, invitent à « sortir » ou à « entrer » en soi. Pourquoi les intensités qui traversent les corps peuvent-elles être associées à une expérience de type rituel ? À quels moments et sous quelles conditions ? Quels liens créent-elles entre les danseurs, danseuses et le public ?

 

Modalités de communication

 

L’appel à communication est ouvert aux chercheurs·euses travaillant sur la danse, pédagogues, doctorants/doctorantes et jeunes docteurs/docteures, artistes et autres professionnels. Le colloque se tiendra en français mais une traduction pourra être assurée pour les interventions en anglais et en espagnol (ou autres langues possibles, nous contacter pour plus de précisions : colloque2021@cnd.fr).

 

Différents formats d’interventions sont possibles :

  1. 1  intervention au format universitaire (présentation de 20 min., puis 10 min. de discussion) ;

  2. 2  intervention axée sur la pratique dansée : performance, mise en mouvement du public, pratique collective ou autres formats créatifs (30 à 40 min.) ;

  3. 3 panels interdisciplinaires en groupe: artistes, pédagogues, praticien set praticiennes, universitaires,etc. (format entre 1h et 1h30 pour 3 à 6 intervenants) ;

  4. 4  créations audiovisuelles interrogeant l’articulation entre danse et rituel (enparticulier ,celles apportant une nouvelle perspective sur le rituel à partir des choix de montage et de cadrage de la danse filmée ; 1 heure maximum) ;

  5. 5  dialogue en binôme autour d’une performance avec retour d’expérience et échange théorique (format 1h).

    Seront également encouragés les formats digitaux ou outils numériques innovants qui font écho de manière créative à ses différentes modalités.

    Les propositions (en français ou en anglais) sont à envoyer avant le 15 août, à l’adresse suivante :colloque2021@cnd.fr

    Elles doivent mentionner :

  • –  les nom, prénom, affiliation(s) et coordonnées électroniques du ou des auteurs/autrices

  • –  le titre de la communication

  • –  le format d’intervention choisie et l’axe auquel elle se rattache

  • –  une proposition d’environ 3000 signes

Un soutien financier sera attribué aux intervenants du colloque (hors chercheurs et chercheuses titulaires). Une aide pour les frais de déplacement et d’hébergement pourra aussi être proposée au cas par cas, en priorité pour les candidats ne bénéficiant pas de soutien institutionnel.

Sélection des candidats et résultats de l’appel : octobre 2020.

Comité scientifique (ordre alphabétique)

  • Dominique Brun danseuse et chorégraphe
  • Térésa Faucon maîtresse de conférences HDR à l’université Sorbonne nouvelle-Paris 3 en esthétique du cinéma, analyse de films et théorie des images
  • Laura Fléty anthropologue associée au CREM-LESC
  • Michael Houseman anthropologue, directeur d’études IMAF, EPHE-PSL
  • Sophie Jacotot danseuse, chercheuse en histoire de la danse
  • Sophiatou Kossoko danseuse, chorégraphe et pédagogue
  • Mahalia Lassibille anthropologue de la danse, maître de conférences à l’université de Paris 8
  • Loïc Touzé danseur, chorégraphe et pédagogue
  • Georgiana Wierre-Gore anthropologue, professeure émérite, ACTé, Université Clermont Auvergne
  • Avec la participation de Latifa Laâbissi danseuse et chorégraphe

 

Coordination scientifique

 

  • Laurent Barré responsable du service recherche et répertoires chorégraphiques CN D
  • Laura Fléty anthropologue associée au CREM-LESCAvec
  • Marion Bastien chargée de valorisation des répertoires chorégraphiques, service recherche et répertoires chorégraphiques / CN D
  • Anne-Christine Waibel assistante du service recherche et répertoires chorégraphiques / CN D
  •  

Centre national de la danse

CN D
1, rue Victor-Hugo

93507 Pantin Cedex France

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article