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Publié par Société Française d'Ethnoscénologie (SOFETH)

ARTS DE LA SCÈNE, MUSIQUE ET CRÉATION CONTEMPORAINE

Circulation, renouvellement et approches transnationales

 

SÉMINAIRE TRANSDISCIPLINAIRE

Université d’Artois – Laboratoire Textes et Cultures

9 rue du temple - BP 10665 - 62030 Arras cedex

 

Co-organisé par 

 Nathalie Gauthard, PR Arts du spectacle, Praxis et esthétique des arts, Textes et Cultures.

David Chaillou, MCF en musicologie, TransLittéraire, Textes et Cultures.

Lobsang Chonzor – Ache Lhamo ©Frederic Iovino

Lobsang Chonzor – Ache Lhamo ©Frederic Iovino


 

 

De nos jours, la révolution numérique globalisée permet la circulation, la visibilité et la transmission (dans un sens large) des arts, techniques et pratiques de la scène (théâtre, musique, danse, performance, etc.). Cette « logique d’accès » (Rifkin, 2000) numérique suscite des effets tant sur la créativité que sur l’entretien de la mémoire des musiques traditionnelles et les revendications politiques véhiculées dans les créations musicales contemporaines.

De surcroît, la fréquentation de nouveaux horizons musicaux, scéniques et créatifs au contact d’artistes en quête de nouvelles influences a pour effet un renouvellement des langages scéniques et musicaux. Bien que la notion de « tradition » ait été analysée et théorisée en tant que mot-outil et mot problème (Lenclud, 1994), à l’heure de la multiplication des écrans et de l’envahissement des images sur les nouveaux supports de communication, des phénomènes migratoires, des processus de délocalisation et de la « touristification » de masse, les frontières réelles ou symboliques, les perceptions sur l’altérité ne sont plus les mêmes. Toutes les études sur le postcolonialisme et le postmodernisme démontrent que nous sommes à présent dans l’ère du branchement (Amselle, 2001), de la transculturalité ou de la transnation, de l’hétérogénéité, voire de l’hybridité. Les conséquences de cette diffusion permettent d’accroître un travail d’inventivité, un renouvellement des imaginaires et sont une source d’inspiration pour les artistes.

Ce nouveau séminaire se propose d’ouvrir une réflexion autour de la création contemporaine, en arts du spectacle et en musicologie. Il s’adresse aux étudiants (master, doctorat) mais aussi à un plus vaste public curieux de rencontrer, d’expérimenter, de saisir de nouvelles formes et pratiques dites traditionnelles et renouvelées sur les scènes contemporaines. Lieu de rencontre entre les artistes du monde entier, les chercheurs locaux et invités, les étudiants et le public, ce séminaire se pense comme un espace dynamique de rencontres, de recherche participative et d’échanges dynamiques.

Le séminaire sera animé à chaque séance par Nathalie Gauthard et David Chaillou et se déroulera en trois temps avec les artistes et conférenciers invités :

13h30 à 15h30 : Master class

15h30 h : pause 

16h à 18h : séminaire

18h : pause 

19h00 : concert/spectacle

 

1.     Les chemins de la création à l’épreuve de la recherche : David Chaillou et Nathalie Gauthard, 14 octobre 2020, 16h-18 h salle des colloques – Maison de la recherche Université d’Artois

Séance de présentation du séminaire : David Chaillou et Nathalie Gauthard ont tous deux une approche à la fois pratique et théorique des arts de la scène. Ils nous feront part de leurs expériences respectives, tout en présentant leurs domaines de recherche et la finalité de ce nouveau séminaire de recherche.Les partenaires associés à ce séminaire, le Conservatoire d’Arras, Le service de la vie culturelle de l’université d’Artois- La Ruche présenteront également leur structure et le programme associé au séminaire.

 

2.     La Finlande entre modernité et tradition, Conservatoire d’Arras, 9 décembre 2020

Intervenants : Jouko Tötterstöm, compositeur et Senior lecturer (Université d’Oulu). Présentation de son travail de compositeur (en partenariat avec l’INSPE) Laura Mikkola, pianiste (2e prix au Concours Reine Élisabeth de Belgique).

Programme : Programme musique à dominante finlandaise : Raautvaara, Sibelius, Tötterstöm, Lindberg, Chopin, Bach

Jouko Tötterström (1956) est un des compositeurs les plus importants de la scène musicale finlandaise. Il écrit pour diverses formations, de l’instrument seul à l’orchestre, de la voix soliste au chœur mixte. Docteur de l’Académie Sibelius et senior lecturer à l’université d’Oulu, il y enseigne la composition.  Sa communication portera sur la présentation de son langage musical qui intègre à la musique savante d’autres traditions musicales comme celle des Sami, peuple autochtone de Laponie. Un concert pour piano de Laura Mikkola consacré à la musique finlandaise prolongera ce temps de conférence. Il permettra de découvrir à côté de l’œuvre pour piano de M. Tötterström celle d’autres compositeurs de la même génération (Pekka-Salonen ou Saariaho), engagés dans des directions esthétiques différentes (nouveau minimalisme pour l’un et avant-garde ircamienne pour l’autre) ainsi que des pièces de Sibelius et de Rautavaara. 

 

3.     La Hongrie chant, théâtre et musique traditionnelle — Conservatoire d’Arras, 13 janvier 2021

Intervenants : Eniko Sepsi, MCF HDR (Université de Budapest), avec Irén Lovasz, MCF ethnologue et  chanteuse folklorique de Hongrie (Université de Budapest).

Programme : Conférence + Introduction à la musique traditionnelle hongroise Irén Lovasz et Thierry Montagne à l’accordéon

Titre : Le comique dans les chants et la mise en scène de l’Opérette imaginaire de Valère Novarina

La conférence voudrait explorer l’entrelacement du comique et les « rituels kénotiques » dans les pièces et les spectacles mis en scène par Valère Novarina en Hongrie, tout particulièrement L’Opérette imaginaire en hongrois, monté à Debrecen et à l’Odéon de Paris en 2009 et 2010, et la comparer avec la mise en scène importante de Claude Buchvald, du point de vue de l’intégration de la musique et de la gestualité de ces deux cultures : française et hongroise. L’interaction de la musique traditionnelle avec les arts du spectacle sera également un point à explorer.

Enikő Sepsi est professeure des universités (avec habilitation) et directrice de l’Institut d’Études des Arts à la Faculté des Lettres et Sciences Sociales de l’Université Károli Gáspár de l’Église Réformée en Hongrie. Elle dirige le Centre d’Excellence Benda Kálmán et la Collection Károli chez L’Harmattan France-Hongrie. Ses spécialités en sciences humaines sont la littérature comparée franco-hongroise, le théâtre contemporain (théâtre poétique), la traductologie, les auteurs mystiques du XXet XXIe siècle en France et en Hongrie. Traductrice des essais de Valère Novarina, elle donne des conférences et publie sur la réception de ces œuvres en Hongrie, en France, aux États-Unis et en Chine. Prochaine parution : une étude sur V. Novarina dans les actes du colloque de Cerisy (Valère Novarina : les tourbillons de l’écriture, sous la dir. de M. Chénetier, S. Le Pors et F. Thumerel, à paraître chez Hermann).

 

4.     Le Tibet et Népal entre renouveau et tradition — Lieu : Université d’Artois - La Ruche, février 2021

Intervenants : Lobsang-Chonzor, musicien compositeur tibétain et Gérard Toffin, anthropologue (Directeur de recherche au CNRS) spécialiste de l’Himalaya.

Programme : Master-class, conférence et concert de KYAB YUL-SA Résonance d’Exil(s) avec Lobsang Chonzor, Julien Lahaye et Margaux Liénard à la Ruche à 19 h.

Titre : « Le comique et le sacré dans le théâtre dansé néwar du Népal » avec Gérard Toffin et « les arts de la scène entre tradition et modernité au Tibet contemporain » Nathalie Gauthard

Gérard Toffin, ethnologue, a commencé ses recherches sur l’Himalaya en 1970. Il a travaillé principalement sur les communautés rurales et urbaines Néwar de la vallée de Katmandou au Népal. Il a également mené des enquêtes chez les Pahari (Pihi) du district de Lalitpur (Godavari et Lele), puis, dans les collines népalaises, sur les Tamang du Ganesh Himal et les Indo-Népalais (Parbatiya) des districts de Gulmi et d’Argha Khanci, ainsi qu’en Inde et dans le Tarai népalais oriental sur la secte des Pranami. ll a travaillé au Népal en équipe interdisciplinaire avec des agronomes, des architectes et des écologistes (Programme Salme). De 2008 à 2012, il a participé à l’ANR Just-IndiaA Joint Programme on Justice and Governance in India and South Asia, pour la partie népalaise.

Il s’est intéressé à la civilisation matérielle, à l’organisation sociale et aux religions des populations himalayennes. Il a mené et continue de mener des recherches en anthropologie de l’espace, tout particulièrement sur les villes asiatiques, ainsi que sur diverses questions touchant aux religions de l’Inde et de l’Himalaya. II a également entrepris il y a quelques années une recherche sur les écritures de l’ethnologie et l’histoire des savoirs anthropologiques. Il a fondé et dirigé une collection, « Chemins de l’ethnologie », aux Éditions du CNRS et aux Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Il est membre des Conseils Scientifiques de la BULAC, des Centres Asie du Ministère des Affaires Étrangères et du CNRS, et de la Nepal School of Social Sciences and Humanities (Nepal).

Aujourd’hui, Gérard Toffin conduit principalement des recherches sur le théâtre néwar de la vallée de Katmandou et les mutations politiques, sociales, religieuses et culturelles du Népal contemporain. Parmi ses nombreuses publications sur les arts du spectacle en Himalaya, citons en particulier : La fête-spectacle. Théâtre et rite au Népal, Paris, 2010, Éd. de la Maison des Sciences de l’Homme et avec Hélène Bouvier (dir.), Théâtres d’Asie à l’œuvre. Circulation, expression, politique, École française d’Extrême-Orient, Paris 2012.

 

5.     Indonésie, Masques entre théâtre et danse — Université d’Artois - La Ruche10 mars 2021

Intervenants : Kadek Puspasari Moure (danseuse et chorégraphe) et Kati Basset, anthropologue et artiste.

Programme : Master class, conférence et spectacle PANJI’S UCHRONY à la Ruche (19 h).

Titre : « Panji Inu et sa mie, couple tantrique : métaphysique, mystique, érotisme et mises en scène traditionnelles à Bali et Java. »

Catherine (Kati) Basset. Artiste du spectacle vivant (mise en scène) et anthropologue, spécialiste de Bali (et Java).

Avec un doctorat d’ethnologie, elle est membre associé au laboratoire Centre Asie du Sud-Est (CASE, CNRS-EHESS) et chargée de cours à l’INALCO (Paris), où elle dirige aussi un atelier de théâtre multilingue (créations sur GulliverPeer Gynt et Coriolan).

En 35 ans de spécialisation, dont 12 ans en immersion dans les villages de Bali et Java, elle a aidé les Indonésiens à revitaliser des formes scéniques anciennes (y compris 9 troupes montées à Bali) et a réalisé de nombreux spectacles (adaptations et créations) ; plusieurs ont tourné dans de grandes salles européennes (3 épisodes de Panji en Arja/opéra dansé balinais, Bali, danses de drames en hommage à Antonin Artaud, plusieurs Ramayana) ; d’autres ont été montés avec des scolaires : en France, plusieurs épisodes de Mahabharata et un grand Ramayana (150 scolaires, Philarmonie de Paris), et à Java, un Songe d’une nuit d’été de Shakespeare (125 scolaires Javanais) ; un Médée multilingue monté à Bali est en version vidéo. 

Outre ses innombrables conférences et interventions en colloques internationaux, ses publications, comptent des livres, de nombreux articles, des CDs, un DVD (4 films + CD) et un site internet sur le gamelan (Philarmonie de Paris, pour le Baccalauréat 2003 et 2004). 

Elle a été récompensée par des distinctions décernées par la presse française, plusieurs prix et des bourses au niveau national et international.

À paraître (en anglais) en automne 2020 : « Antonin Artaud, le théâtre balinais, le ‘double’ et Shiva » in Transcultural Dialogues, revue en ligne de FIND (Fondation Inde-Europe de Nouveaux Dialogues) https://www.find.org.in/fr/dialogue-intellectuel/transcultural-dialogues/

 

6.     Le monde du quatuor à cordes 7 avril 2021 — Lieu : Université d’Arras/conservatoire

Intervenants : Le quatuor à cordes Tana

Programme : Master class, conférence et concert au Conservatoire.

Depuis sa création en 2004 le quatuor Tana s’est imposé comme un des ensembles les plus innovants de la scène musicale européenne. À côté de l’interprétation des incontournables de la musique classique du XVIII siècle à nos jours, les Tana ont développé une véritable démarche expérimentale qui passe par la commande d’œuvres contemporaines, la création d’instruments hybrides offrant de nouvelles possibilités sonores, ou encore la rencontre sur scène avec des musiciens et des musiques de tradition orale. Toutes ces initiatives traduisent leur volonté de faire du genre du quatuor à cordes un médium réinventé, à même de porter la singularité et la diversité de notre présent.  

Comment alors concevoir le concert de quatuor à cordes et la place du public en 2021? De quelle manière les régénérer? Quelles sont les approches «dramaturgiques» qui permettent de faire découvrir dans un même espace-temps des œuvres du répertoire et des pièces nouvelles? Quel type de processus se construit entre l’interprète et le compositeur contemporain dans l’œuvre qui se crée? A contrario, comment travaille-t-on une pièce déjà abordée par des centaines de formations? Quelles analogies et différences établir avec le travail du comédien devant le texte théâtral? Toutes ces questions seront au cœur de leur communication qui alternera les sons et la parole.  

 

Le séminaire sera retransmis sur Artois-TV : https://artoistv.univ-artois.fr/

Renseignements et inscriptions : Nathalie Gauthard : nathalie.gauthard@univ-artois.fr

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