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Publié par Société Française d'Ethnoscénologie (SOFETH)

REVISTA BRASILEIRA DE ESTUDOS DA PRESENÇA
Brazilian Journal on Presence Studies
LABORATOIRES EN MOUVEMENT
APPEL À CONTRIBUTION

La Revista Brasileira de Estudos da Presença [Brazilian Journal on Presence
Studies], revue périodique en ligne d’accès libre, avec révision par
des pairs, sans frais de soumission ou de publication, reçoit jusqu’au 31
janvier 2021, des articles inédits portant sur le thème LABORATOIRES EN
MOUVEMENT.

Les laboratoires ont été une importante innovation dans les domaines du
théâtre, de la danse et de la performance euro-américains du XXe siècle,
construisant et complexifiant davantage les espaces entre l’art, la vie et
l’expérience du corps. Les racines de ces laboratoires remontent au
Studio de Stanislavski (et non pas à son Théâtre d’Art). Avec cette
modalité de travail, Stanislavski s’est concentré sur la pédagogie et
la recherche pure de l’art de l’acteur. Il est important de souligner
que ces recherches n’étaient pas nécessairement liées à la production
d’un spectacle théâtral. Le théâtre laboratoire a été perçu comme
un espace séparé et protégé, détaché de la logique commerciale, dans
lequel l’attention s’est déplacée du spectacle vers son processus de
construction, favorisant ainsi l’expérimentation, l’étude et la
recherche. Les laboratoires ultérieurs ont souvent été liés au corps et
à la formation et, dans les milieux post-grotowskiens, aux notions
d’ethos, de valeur et même de spiritualité. La pédagogie et la
production de connaissances étaient, et sont toujours, des principes
fondamentaux de la tradition des laboratoires. Leurs recherches plus
récentes ont porté sur les interfaces entre le corps et les nouvelles
technologies dans le théâtre, la danse et la performance.

La généalogie du laboratoire théâtral, par exemple, peut être associée
à ce qui a été convenu d’appeler la Grande Réforme théâtrale
(1876-1939) et à la Deuxième Réforme  (qui a vu le jour après la Seconde
Guerre mondiale). Au cours de ces réformes, des artistes tels que
Meyerhold, Vakhtangov, Copeau et Brecht, entre autres, ont contribué à
changer la forme du théâtre, en créant des écoles, en intervenant dans
des espaces non traditionnels et en élargissant son potentiel politique et
esthétique. Le théâtre laboratoire a connu une renaissance dans les
années 1960, principalement grâce au travail d’artistes européens comme
Grotowski, Brook et Barba ; colombiens comme Enrique Buena Ventura, Santiago
Garcia et Patricia Ariza ; brésiliens comme José Celso Martinez Corrêa et
Antunes Filho ; français comme Ariane Mnouchkine ; et japonais comme
Tadashi Suzuki. Ce ne sont là que des exemples de praticiens et
praticiennes du laboratoire théâtral au XXe siècle qui ont œuvré
au-delà des limites du monde anglophone. Des phénomènes comparables
peuvent être observés dans les domaines de la danse et de la performance
et, en matière d’éducation, le Black Mountain College aux États Unis a
été un centre artistique assez actif entre 1933 et la fin des années
1950. Ce centre peut être considéré comme un espace précurseur d’une
attitude de laboratoire dans l’enseignement supérieur.

Les pratiques du théâtre laboratoire étaient souvent liées aux
théâtres de groupe développés en Europe et en Amérique latine au cours
de la seconde moitié du XXe siècle. Néanmoins, une nouvelle génération
d’artistes adoptant une attitude de laboratoire dans leur travail
collectif évite, pour des raisons pragmatiques, la rigidité du groupe ou
la structure de communautés fermées, en choisissant de fonctionner de
manière autonome, dans des réseaux transnationaux ou dans le cadre de
programmes d'incubation développés par des groupes déjà établis. Ce
changement d’organisation reflète également le manque croissant de
moyens auquel sont confrontés les artistes expérimentaux, dans un monde
post-2008, hyper médiatisé, néolibéral et mondialisé, où le temps,
l’espace et le soutien financier sont, en général, rares.


 

Cette précarité économique et structurelle a été aggravée par la
récente crise sanitaire mondiale. En temps de Covid et de confinement, nous
pouvons nous considérer comme étant dans un processus de laboratoire
forcé. Ainsi, les artistes sont amené·e·s à chercher des manières
différentes de faire du théâtre, de la danse et de la performance, tout
en développant de nouvelles approches des pratiques dramaturgiques et de
formation. Dans ce contexte particulier, un laboratoire artistique devient
une nouvelle métaphore, différente de celle qu’il évoquait auparavant.
Il ne peut plus être identifié seulement à un espace de proximité, comme
un atelier. Aussi, la question du virtuel est plus importante que jamais,
car la spatialité et la temporalité du quotidien ont été transformées.
Les artistes de laboratoire sont contraint·e·s de créer de nouvelles
façons d’établir et entretenir des relations, tout en faisant face à la
biopolitique de la pandémie.

Pour ce numéro de la revue, nous nous intéressons à la manière dont les
modèles de pratiques de laboratoire existants peuvent trouver encore plus
d’utilité. Nous nous intéressons aussi à la manière dont les
laboratoires artistiques répondent aux défis d’aujourd’hui,
développant de nouvelles formes et pratiques dans des conditions
difficiles. Nous nous intéressons particulièrement aux formes artistiques
qui mettent en œuvre la logique de laboratoire et qui brouillent les
frontières entre théâtre, danse et performance.

Afin de mettre au premier plan les recherches sur les laboratoires en
mouvement, la Revista Brasileira de Estudos da Presença vise à explorer ce
thème sous différentes perspectives. Nous acceptons des essais théoriques
et des articles issus de recherches empiriques et/ou historiques au sujet
des processus créatifs en relation avec un ou plusieurs des thèmes
suivants :

- Pratiques historiques de laboratoire en danse, théâtre et performance 
- Genre, sexualité et le laboratoire artistique 
- Déconstruire le laboratoire en tant que structure de pouvoir 
- Nouvelles configurations ethniques et raciales du laboratoire artistique 
- Le laboratoire artistique en temps de Covid 
- Le laboratoire artistique et les technologies numériques 
- Le posthumanisme, le transhumanisme et la postphénoménologie dans les
pratiques de laboratoire
- Épistémologie, ontologie et le laboratoire artistique 
- Le laboratoire élargi et l’action culturelle 
- Les relations entre exercices, entraînement et partitions d’action
physique 
- Temporalité et spatialité en rapport aux pratiques et processus des
laboratoires artistiques 
- Le laboratoire artistique et l’échec 
- Le corps du performeur en tant que microlaboratoire 
- Le laboratoire artistique en tant que locus micropolitique 
- L’indiscipline et la prise de risques dans le laboratoire artistique 
- L’éthique et l’esprit des pratiques de laboratoire 
- Le laboratoire critique 
- Processus pédagogiques dans les laboratoires de
danse/théâtre/performance
- Interfaces entre les laboratoires de théâtre/danse/performance et les
sciences 
- L’appropriation et l’assimilation culturelles face aux politiques du
laboratoire artistique

Ainsi, la Revista Brasileira de Estudos da Presença s’attend à recevoir
des travaux issus de recherches en lien conceptuel avec le domaine du
théâtre, de la danse, de la performance et d’autres langages similaires.
Aussi, la revue s’attend à recevoir des travaux appartenant à des
domaines hybrides, frontaliers et en dialogue avec les termes présentés
comme point de départ. Les textes proposés doivent être rédigés selon
les normes de la publication et déposés directement sur le système de
soumission en ligne, pour suivre le processus général d’évaluation de
la revue. Afin de soumettre un article pour cet appel à contribution, il
est indispensable de sélectionner la section correspondante (Laboratoires
en mouvement). La revue ne demande aucun frais pour la soumission ou pour la
publication d’articles et emploie le système d’évaluation à double
aveugle par les pairs. Les textes peuvent être envoyés en portugais,
espagnol, anglais ou français, en vue d’une publication bilingue. Les
auteurs et autrices des textes en portugais ou espagnol (ainsi que tous les
auteurs et autrices lusophones) sont tenus d’en envoyer des versions en
anglais comme condition préalable à la publication des articles, une fois
approuvés. La revue assure la traduction en portugais des articles envoyés
en anglais ou en français, à condition qu’il s’agisse de la langue
natale des auteurs et autrices et que des ressources financières soient
disponibles au moment de la publication. De plus amples informations se
trouvent sur notre site web 
www.seer.ufrgs.br/presenca ; les normes de la
revue peuvent être consultées dans l’onglet « Consignes aux auteurs ».
___________________________________________
Revista Brasileira de Estudos da Presença

http://seer.ufrgs.br/presenca

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