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Publié par SOFETH

 


 

En langue, les études consacrées à la notion de mouvement, très nombreuses d’ailleurs, font souvent appel à d’autres notions qui lui sont connexes (déplacement,  manières de mouvement, orientation, changement, parcours, etc.) et posent de réels problèmes théoriques ayant trait à la polysémie lexicale, à l’opposition entre emplois concrets et abstraits, au rapport entre les moyens d’expression du mouvement et le co(n)texte, au figement, etc. Ces mêmes notions posent elles aussi un problème de délimitation et de définition :  toute action implique-t-elle un mouvement ? Une autre question qui se pose concerne la relation qui existe entre le mouvement et l’entité qui l’effectue / à laquelle il s’applique. Autant de questions qui demandent à être élucidées à partir d’une approche qui mettrait en lumière tous les aspects inhérents à la notion même de mouvement telle qu’elle est exprimée dans et par la langue.


 

 

 

Sur le plan théorique, les contributions linguistiques pourront nous fournir quelques éléments de réponse à des questions générales comme :

 

-       Comment le mouvement est-il exprimé dans la / les langues ?

 

-       Quelles représentations théoriques conviennent au mieux à la description de la notion de mouvement ?

 

-       Une description sémantique du mouvement serait-elle à même de nous éclairer sur les propriétés sémantiques et aspectuelles que véhicule l’emploi de certains verbes de mouvement ?

 

-       Quels types d’informations (changement de lieu, contrôle, causation sont greffés sur ces moyens d’expression du mouvement ?

 

-       Quelle relation la notion de mouvement entretient-elle avec celles du temps et de l’espace ?

 

En littérature et, de manière plus générale, dans tous les arts liés au récit, le mouvement s’identifie à l’action. Le cinéma, par exemple, inscrit le mouvement dans son essence, comme l’a démontré Deleuze. Dans le roman, la narration s’oppose aux tableaux descriptifs et au discours mis en dialogue. De même, les personnages sont des actants et accomplissent des itinéraires. Bien que l’action soit constitutive du genre, le Nouveau roman  a cependant négligé la fable au profit des situations. De même, le récit qui créait l’illusion de la vie en mouvement a été battu en brèche par la parodie et la mise en question de l’ « effet de réel » considéré comme un procédé qui recourt à la facilité aux dépens des impératifs esthétiques. Mais le roman postmoderne a rétabli le récit linéaire et la diégèse dans un projet de réhabilitation du sujet.

Dans le genre dramatique où l’action est essentielle (drama : action), les auteurs classiques ont progressivement concentré tout le mouvement scénique dans l’analyse des passions humaines et leurs revirements tragiques ou dans la peinture satirique d’un caractère principal ou d’un ridicule. L’action même s’est retrouvée contrainte par les unités et les règles de bienséance et de vraisemblance. Le renouvellement de la dramaturgie au XVIIIe puis au XIXe siècle s’est alors constitué en réaction aux pièces classiques qui n’étaient soudain perçues que comme de froides conversations dépourvues de tout mouvement scénique. Aussi bien dans la tragédie que dans la comédie et le drame, la « mise en action » des moments essentiels de la fable, par la pantomime, la gestuelle et les déplacements physiques, au lieu de leur mise en récit, est devenue le point central de la réforme du théâtre parce qu’elle est considérée précisément comme un retour aux origines du genre. Cependant, au XXe siècle, le retour du tragique a consacré le triomphe des situations sans issue aux dépens de l’évolution dramatique, de sorte que les scènes d’explication deviennent principales et que les scènes d’action constituent de simples transitions vers des confrontations au sommet (Electre/Egisthe ; Antigone/Créon, par exemple). Ainsi, le Nouveau théâtre a illustré l’impuissance de l’homme à maîtriser son destin à travers l’annulation de la progression dramatique au profit de dialogues de sourds, qui tournent en rond pour signifier la difficulté de communiquer. Par exemple, les clochards de Beckett ne font qu’attendre Godot et vivent d’une espérance sans cesse déçue.

 

Il s’agit donc de percevoir le mouvement en littérature à travers les axes suivants :

 

-       Evolution du statut de l’action dans le roman contemporain.

-       Evolution du statut de l’action dans le théâtre de la Renaissance à aujourd’hui.

-       Action et activité signifiante/ Action et contemplation.

-       La progression dramatique et la construction du sens.

-       Du mouvement physique au mouvement métaphysique : arts du récit et histoire en mouvement.

 

Comité scientifique :  J. Bacha, J. François, G. Kleiber, A. Mahfoudh, B. Ben Rejeb, M. Sahnoun, M. Riegel, R. Bret-Vitoz, Serge Bismuth, M. Termolle.

 

Comité d’organisation : N. Saidi, H. Amdouni, D. Bessi, Y. Bellamine, A. Guezmir, A. Labyedh, M. Labidli, W. Triki, M. lecomte, R. Gabsi, F. Stiti.

 

Délai d’envoi des propositions  (un résumé et une notice biographique: avant le  30 juillet 2012 à :

Jendouba_colloque2012@yahoo.fr

 

Date limite de réponse et de confirmation : 30 septembre 2012     


Remise des articles : 15 mars 2013

 

Publication : 2013

 

 

 

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